HISTOIRE
Club

Bernard Tapie, “le boss“ devenu icône

À Marseille, on aime les joueurs, entraîneurs et présidents à fort caractère. Les hommes qui se démarquent et sortent du lot. Président de l’OM dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, Bernard Tapie avait donc tout pour plaire aux Marseillais. Homme d’affaires, chanteur, acteur, animateur de télévision et homme politique, Tapie est un personnage historique de l’Olympique de Marseille.

 

Né le 26 janvier 1943 à Paris dans une famille modeste, Tapie est un homme pressé. Ambitieux et déterminé, il construit un véritable empire et forge sa réputation d’homme à poigne dans le sport, le business et la politique. Il monte une équipe de cyclisme dans les années quatre-vingts et celle-ci remporte deux Tour de France d’affilée (1985, 1986). Dans la vie politique, Tapie est notamment Ministre de la Ville de décembre 1992 à mars 1993 et s’engage politiquement à Marseille. La fortune amassée par le natif de Paris lui permet même de reprendre la firme Adidas avant le mondial 1990. Sûrement l’un de ses plus gros coups.  

 

Mais c’est dans le monde du football que Bernard Tapie va faire énormément parler de lui. En décembre 1985, les rumeurs concernant une arrivée de Bernard Tapie et Michel Hidalgo à l’OM commencent à affluer dans la presse et à la télévision. Edmonde Charles-Roux, épouse du maire de Marseille Gaston Defferre, invite Tapie à reprendre l’OM. Defferre est d’accord et Hidalgo répond favorablement à la sollicitation de l’homme d’affaires.
 

Bernard Tapie discute avec Marcel Desailly.
Bernard Tapie discute avec Marcel Desailly.

 

Tapie révolutionne l'OM

 

Capable de pousser de violentes gueulantes dans les vestiaires, Tapie révolutionne le club phocéen. Il veut faire de l’OM un grand club français et européen et déteste la défaite. Durant ses années au club, il est à l’origine d’un recrutement prestigieux (Papin, Waddle, Mozer, Pelé, Deschamps, Desailly, Barthez, Tigana, Giresse, Völler…). Tapie amène également Raymond Goethals sur le banc de l’équipe olympienne et les deux hommes entretiennent une relation particulière, un peu à l’instar de la relation qu’entretenaient Zatelli et Leclerc.

 

Les choix de Tapie se révèlent très judicieux et l’OM devient un ogre dévorant tout sur son passage. Sous l’ère Tapie, Marseille est sacré champion de France cinq fois d’affilée, de la saison 1988-1989 à l’exercice 1992-1993 et remporte la Coupe de France en 1989. Le club olympien dispute deux demi-finales de Coupe d’Europe (1988 et 1990) et deux finales de la Coupe d’Europe des clubs champions. Tapie voit son équipe perdre à Bari contre l’Étoile Rouge de Belgrade en 1991 lors de la première finale mais deux ans plus tard, le 26 mai 1993, les Marseillais remportent la coupe aux grandes oreilles en battant le grand Milan AC grâce à un but de la tête de Basile Boli. Tapie a réussi son pari !
 

L'anecdote du talkie-walkie
 

Une anecdote résume d’ailleurs parfaitement le personnage. A huit minutes de la mi-temps lors de la finale, Goethals veut sortir Boli, blessé. Mais Tapie, présent dans les tribunes, l’en empêche à l’aide d’un talkie-walkie. Rudi Völler souffle à Goethals qu’il faut sortir Boli mais l’entraîneur belge lui répond : “Mais il ne veut pas l’autre con.“ La suite, on l’a connaît…
 

Bernard Tapie aux côtés de Jean-Philippe Durand.
Bernard Tapie aux côtés de Jean-Philippe Durand.

 

Après les succès de son club, Bernard Tapie déchante vite. L’affaire VA-OM, une affaire de match truqué, sonne la mort présumée du club olympien et la fin de l’ère Tapie. Il connaît la prison et est également accusé de fraude fiscale.

 

Mais Tapie est une force de la nature et retombe toujours sur ses pattes, capable de s’adapter à n’importe quel contexte. Il retourne aux affaires dans les années 2000 et fait son retour à l’OM en 2002 en tant que directeur sportif mais l’expérience tourne court. Malgré les années qui défilent, Tapie est toujours dans le coeur des supporters marseillais.