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Éric Di Meco, le minot devenu grand

Éric Di Meco demeure le seul joueur à avoir gagné tous les trophées de l’ère Tapie à l’OM ! Il remporte notamment le Graal en 1993 : la Ligue des Champions. Di Meco a eu du mal à s’imposer à ses débuts mais il est devenu l’un des joueurs les plus emblématiques de l’Olympique de Marseille.

 

Né à Avignon le 7 septembre 1963, Di Méco grandit à Robion et arrive au centre de formation du club phocéen en 1980. En avril 1981, l’OM est placé en liquidation judiciaire et le personnel est mis au chômage. Les joueurs professionnels quittent le club. Roland Gransart, entraîneur-joueur, est alors nommé à la tête de l’équipe première de l’OM et puise dans les équipes de jeunes. C’est la période dite des “Minots“. Éric Di Meco effectue son premier match en professionnel à l’âge de 18 ans lors d’une victoire à Avignon (0-1) et participe au maintien du club provençal en deuxième division.

 

L’ailier gauche contribue à la remontée du club en D1 à l’issue de la saison 1983-1984. Mais l’OM préfère miser sur des joueurs vedettes plutôt que sur les jeunes. Di Meco est alors prêté à Nancy où il est reconverti au poste de latéral gauche lors de la saison 1986-1987 sur les conseils d’Arsène Wenger, alors coach nancéien. Il dispute 30 matches avec Nancy en D1. Une saison plus tard, il est de nouveau prêté pour avoir du temps de jeu mais cette fois-ci à Martigues en D2.

 

UN TITULAIRE INDISCUTABLE

 

Après les deux prêts, il retourne à l’OM en 1988. Un OM racheté par Bernard Tapie avec de nouvelles ambitions. Di Meco s’est aguerri et explose. Évoluant au poste de latéral gauche, le Marseillais s’impose. Malgré les stars comme Deschamps, Waddle, Desailly, Völler, Angloma, Mozer et bien d’autres, Di Meco devient un titulaire indiscutable lors de sa deuxième période phocéenne. Solide, dur sur l’homme, son couloir gauche est très dur à passer. Ses tacles rugueux sont encore dans la mémoire de nombreux supporters marseillais.

 

Il remporte de nombreux titres avec l’OM et se forme un prestigieux palmarès. Il glane cinq titres de champion de France de première division sous le maillot bleu et blanc (1989, 1990, 1991, 1992, 1993), une Coupe de France (1989) et une Ligue des Champions (1993). Il est d’ailleurs titulaire lors du sacre historique de Marseille en finale de la coupe aux grandes oreilles face au Milan AC le 26 mai 1993 (1-0). Éric est le seul rescapé de la période des “Minots“ dans la conquête des titres au début des années quatre-vingt-dix. Pourtant, ce n’était pas le plus talentueux de sa génération.

 

Éric Di Meco lors de la finale de la Ligue des Champions, le 26 mai 1993, face au Milan AC.
Éric Di Meco lors de la finale de la Ligue des Champions, le 26 mai 1993, face au Milan AC.

 

malheureux en 1991, heureux en 1993

 

Prêt à tuer sur un terrain, il était aussi titulaire lors de la finale perdue en Coupe d’Europe des clubs champions deux ans auparavant face à l’Étoile Rouge de Belgrade à Bari (0-0. 5 tab 3) ou encore lors de la défaite en demi-finale contre Benfica en 1990. Dans la vie, Di Meco est un homme simple et passionné par la musique. Ses excellentes prestations sous la tunique phocéenne lui permettent de se faire une place en équipe de France. Il est appelé pour la première fois en 1989 par Michel Platini. Il connaît durant sa carrière 23 sélections avec l’équipe nationale.

 

Mais l’affaire VA-OM pousse Éric Di Meco à quitter son club de coeur et il rejoint l’AS Monaco en 1994 où il retrouve son ancien coach Arsène Wenger. Le natif d’avignon est champion de France avec le club de la Principauté en 1997 mais, fragilisé par une grosse blessure au genou, il met un terme à sa carrière en 1998. Di Meco revient à l’OM en février 2000 en tant que manager mais il est licencié au mois de novembre de la même année par Robert Louis-Dreyfus. L’ancien minot s’investi alors dans la vie politique de la cité phocéenne et deviendra quelques années plus tard l’un des consultants vedettes de la télévision française autour du ballon rond.