Basile Boli est une légende à Marseille. Son but de la tête marqué lors de la victoire contre le Milan AC en finale de la Ligue des Champions le 26 mai 1993 reste gravé à tout jamais dans la mémoire des supporters olympiens. Un but qui offre à Marseille le trophée le plus prestigieux. En quatre saisons passées à l’OM (1990-1994), Boli est devenu l’un des chouchous du stade Vélodrome au point même d’être présent dans l’équipe du siècle.
Né le 2 janvier 1967 à Adjamé en Côte d’Ivoire, Boli débute dans le club de Romainville en banlieue parisienne. Il est repéré par l’AJ Auxerre et rejoint le centre de formation du club entraîné par Guy Roux. Il remporte notamment la Coupe Gambardella avec l’AJA en 1986. Boli impressionne par ses qualités physiques au dessus de la moyenne et dispute son premier match en première division à seulement seize ans. Une première ponctuée par un match nul à Monaco le 23 avril 1983 (1-1). Il s’impose rapidement dans la défense auxerroise concoctée par Guy Roux. Un entraîneur obligé de confisquer la mobylette de Boli car ce dernier roule sans casque.
Les bonnes prestations de Basile lui permettent de connaître sa première sélection en Équipe de France en 1986 à 19 ans. Durant sa carrière, il est sélectionné à 45 reprises avec l’équipe nationale entre 1986 et 1993 et il participe à l’Euro 1992. Mais il n’est jamais parvenu à s’imposer comme un patron avec la France.
adulé par les supporters
Lorsqu’il évolue à Auxerre, Boli tape dans l’oeil de Bernard Tapie et le boss phocéen décide de le recruter en 1990. La devise de l’OM “Droit au But“ colle à la peau du natif de la Côte d’Ivoire. Une seule chose compte pour Basile : la victoire ! Et à Marseille, “Basilou“ est vite adopté par le public. Ses tacles, son état d’esprit et sa joie de vivre sont appréciés par le Vélodrome. Boli devient rapidement un leader, un meneur d’homme.
Sous les ordres de Franz Beckenbauer et Raymond Goethals, il progresse énormément sur les plans techniques et tactiques. Très vif et puissant, il marque huit buts en championnat lors de sa première saison. Une saison 1990-1991 ponctuée par une défaite en finale de la Coupe de France face à Monaco (0-1) et un titre de champion de France de D1 avec l’OM. L’un de ses meilleurs souvenirs. En 1992 et 1993, Boli est une nouvelle fois champion de France avec Marseille.
un but légendaire en 1993
Mais le moment le plus mythique de “Basilou“ à l’OM est incontestablement son but inscrit en finale de la Ligue des Champions face au Milan AC (1-0) peu avant la mi-temps. Un but qui entre dans la légende et qui offre le titre de champion d’Europe au club phocéen ! Pour l’anecdote, Boli est blessé avant le match mais il tient tout de même sa place sur le terrain. Après un choc survenu en première période avec un Milanais, Goethals veut le sortir mais Tapie, présent dans les tribunes, l’en empêche à l’aide d’un talkie-walkie. La joie de Boli le soir du sacre à Munich contraste avec ses larmes qui coulaient sur son visage deux ans auparavant lors de défaite en finale de la même compétition contre l’Étoile Rouge de Belgrade à Bari (0-0. 5 tab 3).
Quelques jours après avoir gagné la Ligue des Champions, Basile Boli inscrit un incroyable but lors du succès contre le PSG au Vélodrome (3-1). Abedi Pelé adresse un centre du côté gauche de l’attaque phocéenne et Basile Boli fuse comme un éclair à l’entrée de la surface de séparation et arme une tête surpuissante qui trompe le gardien parisien. On joue la 36e minute et le ballon atterrit sous la barre. Boli vient d’inscrire un nouveau but très important trois jours après celui marqué à Munich. Basile, submergé par l’émotion, court vers le banc en larmes.
Mais la saison suivante n’est pas facile pour “Basilou“ et l’affaire VA-OM détruit l’équipe olympienne, rétrogradée en deuxième divison. Boli quitte alors le club marseillais en 1994. Il rejoint les Glasgow Rangers, club avec lequel il remporte le championnat d’Écosse en 1995. Il reste une année puis regagne la France où il évolue à l’AS Monaco. Mais l’expérience tourne court et il quitte la Principauté au bout de six mois. Boli aura été à l’apogée de sa carrière lors de sa période marseillaise. Pas ailleurs. Il raccroche les crampons au Japon au sein du club d’Urawa Red Diamonds à 31 ans.
En 2015, Boli effectue son retour à l’OM en tant qu’ambassadeur. En avril 2016, il est nommé coordinateur sportif aux côtés de l’entraîneur Franck Passi à la suite du départ de Michel. En 2017, Boli intègre le conseil d’administration du club olympien. Basile Boli est un mythe.