Le club

Jean Boyer, le premier canonnier

Jean Boyer. Ce nom ne dit peut-être rien aux supporters marseillais mais Boyer a véritablement marqué l’histoire de l’Olympique de Marseille dans les années 1920-1930.

 

Grand buteur, Boyer passe douze saisons à l’OM (1923-1935). Rapide et adroit de la tête, il marque l’histoire du club en inscrivant 170 buts en 181 matches disputés toutes compétitions confondues. Il demeure le quatrième meilleur buteur de l’histoire de l’Olympique de Marseille derrière Gunnar Andersson (194), Jean-Pierre Papin (182) et Josip Skoblar (176). Jean Boyer restera comme un joueur emblématique de l’Olympique de Marseille de la période d’entre-deux-guerres. La première star du club phocéen.

 

Né le 13 février 1901 à Vitry-sur-Seine en région…parisienne, Jean Boyer fait rapidement parler de lui. Évoluant au poste d’inter droit et réputé comme un joueur puissant, efficace, énergique et avec un mauvais caractère, Jean Boyer remporte à seulement 18 ans la Coupe de France avec son premier club, le CAS Généraux Paris. Il évolue ensuite au VGA Médoc, un club bordelais et il connaît ses premières sélections en Équipe de France. Il est sélectionné à quinze reprises avec l’équipe tricolore durant sa carrière entre 1920 et 1927, période durant laquelle il inscrit sept buts sous le maillot français. Il revient en 1922 au CASG Paris et fait un passage très court au SC Choisy-le-Roi.

 

L'HISTOIRE COMMENCE

 

C’est en 1923 que la belle histoire entre l’Olympique de Marseille et Jean Boyer débute. Pierre Robin, marchand de bouchons installé près du Vieux-Port et chargé du recrutement en region parisienne ramène deux footballeurs parisiens de prestige à l’OM, d’abord le milieu de terrain Edouard Crut puis l’attaquant Jean Boyer. Grâce aux recettes du Stade de l’Huveaune, le club marseillais possède d’avantage de moyens pour recruter et essayer de briller sur la scène nationale. Jean Boyer, haut d’un mètre quatre-vingts, arrive avec l’étiquette d’international français dans le sud de la France. Il a notamment participé à la victoire historique de l’Équipe de France face à l’Angleterre le 5 mai 1921 devant 30000 spectateurs à Paris (2-1). Un match amical ponctué par un but du redoutable buteur Boyer. Il participe d’ailleurs au tournoi olympique de football lors des Jeux Olympiques d’Anvers 1920 et ceux de Paris en 1924.

 

Employé comme courtier en légumes secs pour 1100 francs par mois pour ne pas froisser les partisans de l’amateurisme, Boyer est en réalité un professionnel à qui l’on demande de marquer des buts et non pas de réaliser des gros chiffres d’affaires. Avec Jean Boyer dans son équipe, l’Olympique de Marseille tient sa première star, le premier international français de l’histoire du club. Un évènement à cette époque à Marseille.

 

Jean Boyer dans un duel aérien lors de la Coupe de France 1934, perdu en finale contre le FC Sète.
Jean Boyer dans un duel aérien lors de la Coupe de France 1934, perdu en finale contre le FC Sète.

 

LA PREMIÈRE STAR DE L'OM

 

Les efforts du club provençal vont payer immédiatement puisque avec Boyer dans son équipe, l’OM remporte ses premiers titres majeurs. L’Olympique de Marseille, emmené par l’incroyable trio d’attaquants Boyer-Crut-Devaquez, glane trois Coupe de France (1924, 1926, 1927) et le championnat amateur en 1929. Boyer inscrit notamment un but lors de la victoire en finale de l’édition 1924 face au FC Cette (3-2 a.p). Lors de cette édition, Boyer frappe fort en marquant un triplé dans le dernier quart d’heure en quart de finale face au Stade Français alors que les Marseillais étaient menés 2-0. Pour l’anecdote, certains supporters phocéens, persuadés de l’élimination de leur équipe face aux Parisiens, avaient commencé à quitter le stade pour prendre le train. C’était sans compter sur le talent de Boyer. L’international français inscrit aussi un but en finale de l’édition 1926 face à l’AS Valentigney (4-1).

 

Jean Boyer devient officiellement professionnel en 1932 à 32 ans lors du premier championnat de France “professionnel“. Capitaine de l’OM, il est néanmoins finaliste malheureux de la Coupe de France en 1934. Il décède le 24 novembre 1981 à l’âge de 80 ans. Son passage dans le sud de la France laissera des traces indélébiles.