Le club

LE DERBY A L’AVANTAGE DES NICOIS …

Les années 1950 sont assez tristes pour l’Olympique de Marseille. Seul motif de satisfaction, les Marseillais connaissent un succès en 1957 en Coupe Charles Drago et disputent une finale de Coupe de France en 1954. Mais la finale face à Nice fera des déçus chez les supporters phocéens.

 

Lors de l’exercice 1953-1954, l’Olympique de Marseille réalise une mauvaise saison et termine à une triste quatorzième place de première division. Mais l’OM se distingue en Coupe de France. Le club provençal entre dans la compétition lors des 32èmes de finale et vient à bout de Grenoble (3-0) en janvier 1954 grâce à un doublé de Benbarek et un but de Mercurio. Au tour suivant, les Marseillais affrontent Reims au Parc des Princes et éliminent les coéquipiers de Raymond Kopa grâce à un doublé d’Andersson et un but de Benbarek (3-2).

 

LE DERBY DU SUD

 

L’OM élimine ensuite Strasbourg en huitièmes de finale en mars 1954 (2-1). Benbarek et Palluch qualifient l’OM. Marseille poursuit son formidable parcours en battant Rouen en quarts de finale durant les prolongations (3-2). Le club phocéen se met alors à rêver d’une septième Coupe de France, onze ans après son dernier sacre et treize ans après sa finale perdue contre le Racing Club de Paris.

 

Une victoire contre Sedan en demi-finale permet à l’OM de filer en finale (2-1). Les joueurs bleus et blancs affronteront Nice en finale dans un derby du Sud qui s’annonce bouillant. L’OGC Nice, emmené par son goleador Just Fontaine, avait remporté le doublé Coupe-Championnat deux ans auparavant. Par superstition et pour la mise au vert, les dirigeants veulent que les joueurs logent dans le même hôtel que celui dans lequel ils ont posé leurs valises contre Sedan en demi-finale. Mais l’empereur du Viêt Nam, Dao Bai, est présent dans le Pavillon Henri IV et l’hôtel ne peut pas accueillir les joueurs marseillais.

 

Le derby
Équipe de l'OM lors de la finale de Coupe de France 1954.

 

LE TRIO SCOTTI, ANDERSSON, BENBAREK

 

Le 23 mai 1954, l’OM et Nice s’affrontent dans le Stade de Colombes devant 56803 spectateurs parmi lesquels Gaston Defferre, maire de Marseille. Arrivés tardivement à Colombes, les Olympiens ne sont pas suffisamment concentrés au coup d’envoi et cette finale prend vite des allures de cauchemar pour les Olympiens qui voient Nice inscrire deux buts dans les dix premières minutes de jeu par l’intermédiaire de Nuremberg (1-0, 5) et Carniglia (2-0, 10). Les phocéens, entraînés par Henri Roessler, sont maladroits et lents et rentrent aux vestiaires avec un retard de deux buts face à des Niçois plus équilibrés.

 

Mais l’OM, avec un trio Scotti, Andersson, Benbarek, ne se laisse pas abattre et réduit le score grâce à un tir du redoutable suédois Gunnar Andersson en début de seconde mi-temps (2-1, 55). À deux minutes de la fin du temps règlementaire, le Marseillais Roger Scotti tente un lob sur le gardien niçois Hairabedian. Le dernier rempart de Nice est battu et les phocéens croient alors à l’égalisation. Mais Gonzales envoie la balle loin du but grâce à un retourné acrobatique. Le ballon a-t-il franchi la ligne ? Les Olympiens en sont persuadés mais le but n’est pas accordé. Un OM assez mou est vaincu lors de ce derby du Sud et l’OGC Nice remporte sa deuxième Coupe de France. Cruel pour les Marseillais !