On dit souvent que l’OM est un club particulier et qu’un joueur doit avoir un mental à toute épreuve pour y réussir. André-Pierre Gignac peut le confirmer. L’attaquant français a connu des très bas et des très hauts à Marseille. Il a connu des débuts très compliqués, il a parfois été moqué, mais il s’est toujours accroché et sa persévérance a payé. Olympien pendant cinq saisons (2010-2015), il a fini par s’imposer comme un joueur emblématique du club et les supporters se sont identifiés à lui.
Né le 5 décembre 1985 à Martigues près de Marseille, Gignac se prend de passion pour le football à cinq ans. Il commence à jouer au ballon rond à Fos-sur-Mer avant de rallier le centre de formation du FC Martigues. “Dédé“ Gignac disputera d’ailleurs une demi-finale de la coupe Gambardella en 2002 contre Nice.
En 2002, Gignac rejoint le FC Lorient à 17 ans. Il est prêté à Pau lors de la saison 2005-2006 mais c’est au sein du club breton qu’il se fait remarquer. En 2004, il dispute ses premiers matches avec l’effectif professionnel en Ligue 2. Durant l’exercice 2006-2007, Gignac découvre la Ligue 1 avec les Merlus et se distingue notamment en inscrivant trois buts en vingt-six minutes pour sa première titularisation dans l’élite en août 2006 ! Il devient alors un titulaire.
Il tape dans l’oeil du Toulouse Football Club, qui lui propose deux fois plus sur le plan financier que Lille, avec qui il avait signé un pré-contrat et Gignac rejoint le club de la Ville rose en juin 2007. Sa première saison est compliquée puisqu’il est souvent sur le banc des remplaçants et il n’inscrit que deux buts en championnat.
Lors de l’exercice 2008-2009, “Dédé“ est en feu et fait valoir toutes ses qualités ! Il marque à 24 reprises en championnat et devient un titulaire indiscutable. Il termine meilleur buteur de Ligue 1. Il connaît logiquement sa première sélection en équipe de France en 2009 et participe, durant sa carrière internationale, à la Coupe du Monde 2010 et à l’Euro 2016. C’est d’ailleurs à l’Euro que sa frappe touche le poteau de Rui Patrício à la 92e minute de jeu lors de la finale perdue contre le Portugal (1-0).
gignac remplace niang
Lors de la saison 2009-2010, il ne confirme pas et marque “seulement“ huit buts dans l’élite. En août 2010, l’OM est confronté au départ de Mamadou Niang, son attaquant vedette et doit ainsi lui trouver un successeur. André-Pierre Gignac est l’élu. Le Martégal signe dans le club du sud de la France pour environ 18 millions d’euros. L’ancien toulousain est alors attendu au tournant.
Il dispute son premier match avec Marseille face à Bordeaux lors de la 4e journée de Ligue 1 le 29 août 2010 (1-1) en rentrant en jeu à un peu plus de quinze minutes de la fin du temps réglementaire. C’est d’ailleurs contre le club girondin qu’il marque son premier but au stade Vélodrome le 16 janvier 2011. Sa première saison à l’OM n’est pas catastrophique mais elle est mitigée : 8 buts en championnat et 3 réalisations en Ligue des Champions (triplé face à Zilina en novembre).
des débuts très compliqués...
Sa deuxième saison sous le maillot olympien est un cauchemar. Gignac inscrit seulement un but en 21 matches de Ligue 1 disputés. Jugé lent, gros et inefficace, il n’est également pas épargné par les blessures. Didier Deschamps le met la plupart du temps sur le banc des remplaçants et le public marseillais prend en grippe l’ancien lorientais. Le climat devient alors tendu autour du cas Gignac.
...AVANT De connaître le succès
Deschamps quitte l’OM pour l’équipe de France en 2012 et Elie Baup le remplace sur le banc olympien. Baup va alors accorder sa confiance à l’attaquant. Après avoir connu des moments très compliqués sur la Canebière, Gignac va sortir la tête de l’eau lors de l’exercice 2012-2013. Il termine notamment meilleur buteur de l’OM en championnat avec 13 buts. Son doublé au Vélodrome lors de la rencontre face au PSG le 7 octobre 2012 reste dans les mémoires (2-2).
Gignac s’inscrit dans la continuité lors de la saison 2013-2014 et devient de plus en plus régulier. Il fait trembler les filets à 22 reprises toutes compétitions confondues ! Encore une fois, il est le meilleur buteur de l’OM en championnat (16 buts). Malgré les bonnes performances de Gignac, Marseille finit à la sixième place de Ligue 1.
bielsa transcende gignac
C’est lors de la saison 2014-2015 que Gignac va véritablement exploser sous le maillot olympien. L’Argentin Marcelo Bielsa est alors le nouveau coach phocéen. L’équipe de l’OM pratique un jeu offensif très séduisant qui enflamme le Vélodrome. Gignac est très affuté et régale. Pressing, solide dans les duels, intelligent dans son jeu et ses déplacements, capable d’armer des frappes puissantes et de marquer des buts de la tête, Gignac trouve le chemin des filets à 21 reprises en Ligue 1, ce qui lui permet de terminer deuxième meilleur buteur derrière Lacazette.
Sous les ordres de Bielsa, “Dédé“ prend une nouvelle dimension. Le coach provençal tire le meilleur de son buteur et la relation entre Gignac et les supporters devient unique. Le Classico OM-PSG joué au Vélodrome le 5 avril 2015 reste l’un des meilleurs souvenirs de Gignac à Marseille. Lors de cette rencontre, un tifo géant est déployé dans les travées du Vel’ et Gignac inscrit un doublé (défaite 2-3).
le sang bleu et blanc pour toujours
Mais l’international français est en fin de contrat avec l’OM à l’issue de la saison et il quitte alors le club. Avec Marseille, Gignac aura été vice-champion de France à deux reprises (2011, 2013) et aura remporté une Coupe de la Ligue face à Montpellier (2011). C’était pourtant très mal parti au début de sa période marseillaise mais l’attaquant a réussi à inverser la tendance avec brio. En 187 matches joués sous les couleurs phocéennes, “APG“ a inscrit 77 buts.
A la surprise générale, il rallie alors le Mexique en juin 2015 pour rejoindre les Tigres de Monterrey. Ce choix étonne mais se révèle payant. Gignac multiplie les buts spectaculaires et inscrit notamment 24 réalisations en Liga MX lors de son premier exercice. Il se fait totalement adopter par le public mexicain et remporte notamment avec les Tigres le Tournoi d’ouverture du championnat du Mexique à trois reprises (2015, 2016, 2017), le tournoi de clôture (2019), deux éditions de la Supercoupe du mexique (2017, 2018) et dispute la finale de la Copa Libertadores en 2015 contre River Plate (aller 0-0, retour défaite 0-3).
Un lien particulier unira pour toujours André-Pierre Gignac à l’Olympique de Marseille. Comme il le répète souvent, Gignac a le sang bleu et blanc.